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Fumer moins souvent mais fumer plus
Auteur: Articles 06/11/2017 - 17:33:00

Michka Seeliger-Chatelain est une activiste de renom, qui a traversé le monde pour le comprendre, en faire l’expérience, et s’en rapprocher. La Grande Dame du Cannabis nous fait l’honneur d’un article exclusif pour le blog de Sensi Seeds. Ses pensées, dans cet article. 

L’amour dure trois ans, dit-on. Au bout de trois ans, l’habitude occupe si bien la place que l’objet de notre amour n’a plus le même éclat à nos yeux. La routine a tué le merveilleux. 

Or, il en va de même avec l’herbe : à force de trop la fréquenter, on finit par ne plus y trouver ce que l’on aimait tant au début. Paradoxalement, fumer moins souvent permet… d’y trouver un plaisir plus vif. 

Intensité ou confort, le dilemme du fumeur de cannabis

C’est comme s’il nous fallait choisir entre l’intensité et le confort. Car si le confort peut être quotidien, l’intensité, en revanche ­— c’est dans sa nature même — ne peut être qu’occasionnelle. Si c’est l’intensité que l’on recherche, on a tout intérêt à consommer moins souvent, quitte à absorber des quantités plus importantes à l’occasion. Et à manger l’herbe plutôt qu’à la fumer, bien sûr.

J’étais à Seattle récemment (où « le récréatif » est légal depuis belle lurette) et, dans le magasin spécialisé qui se trouvait près des amis chez qui je logeais, j’ai eu le plaisir de découvrir les bouchées au chocolat « infusées » au cannabis. La touche de génie, c’est que, quelle qu’en soit la marque, elles sont toutes dosées à 10 mg de THC, si bien que l’on sait exactement à quel effet s’attendre, contrairement au côté roulette russe qui, sinon, accompagne ce type de préparation. J’ai pu constater que 10 mg de THC avaient sur moi un effet extrêmement agréable, jamais trop fort, et cela pendant au moins quatre heures. Ce qui a fait naître une pensée émue pour les patients qui ont absolument besoin du cannabis pour des difficultés de santé: quelle heureuse façon de se soigner ! À quand chez nous ?

Après plusieurs jours de « traitement » quotidien, je me suis astreinte à quelques jours de sobriété. Car consommer moins souvent (mais éventuellement en quantité plus importante) me semble une bonne recette pour maintenir (ou retrouver) tout l’éclat de notre histoire d’amour avec l’herbe. Pour renouer avec la légèreté ou la profondeur, et en tout cas le rire et la créativité si présents au début de nos rapports avec elle.

Comprenez votre herbe, abandonnez-vous à Mère Nature

Aux nouveaux consommateurs, j’aime dire : Faîtes en sorte de ne fumer, ou vaporiser, que occasionnellement (une fois par semaine, parfait !) et, en tout cas, pas tous les jours, afin de garder entier votre plaisir. 

Et, bien sûr, j’aime à rappeler que toutes les herbes ne naissent pas égales. Ce sont les Sativas (aux longues feuilles étroites) qui détiennent ce talent remarquable pour stimuler notre imaginaire et notre entendement, et nous rendre — dirait-on — temporairement plus intelligents.

Autre intérêt de ce type de consommation : il nous rapproche de la dimension sacrée de l’herbe. De sa remarquable capacité à nous faire redécouvrir notre lien avec la nature : le monde naturel est un et indivisible, et nous, les humains, en faisons intrinsèquement partie. Nous sommes la nature. Le ressentir au plus profond de nos cellules fait un bien fou.

Dans les années soixante, quand les fils et les filles de la bourgeoisie blanche américaine ont découvert la marijuana, la parant de toutes les vertus (mais se méfiant de l’alcool cher à leurs parents), ils disaient : Dieu a créé l’herbe, l’homme a créé l’alcool — au quel faîtes-vous confiance ?

Pour ma part, je choisirai toujours de faire confiance à la terre mère plutôt qu’à nos concoctions, si tentantes soient-elles. Si bien que, au risque de passer pour rétrograde, je dirais ceci : on ne peut pas se tromper en restant au plus près de la plante, telle que la nature l’a faite. Ne nous précipitons pas trop vite vers les préparations qui sortent des mains humaines.

Enfin, j’ajouterais une dernière remarque: maintenir le cannabis et le tabac séparés (comme on le fait traditionnellement sur le continent américain), afin de ne pas les consommer mêlés, permet d’y voit clair dans les rapports que nous entretenons avec l’une et l’autre plante. Ce qui est intéressant pour gérer de façon satisfaisante nos rapports avec elles (quels que soient nos critères personnels en ce domaine).

De la provenance de ces conseils, et de mon attachement à la plante de cannabis

Voilà quarante-cinq ans que l’herbe est pour moi une amie et une alliée. Je lui sais gré de me mettre en contact avec mon intuition. Ce qui, à mes yeux, n’est pas une mince affaire, car l’intuition est le canal par lequel nous parviennent les messages de notre moi intérieur. Or celui-ci a accès à la conscience universelle ; il peut puiser des informations aussi bien dans le passé que dans le futur. Aussi m’arrive-t-il de me tourner vers une Sativa (chose qui, hélas, se fait rare) lorsque j’ai une décision importante à prendre.

Après quasiment un demi-siècle de compagnonnage heureux avec l’herbe, ce sont là les quelques conclusions auxquelles je suis parvenue, et que je suis heureuse de partager avec celles et ceux qui ont à cœur de préserver le meilleur dans leur rapport avec cette plante maîtresse. Plante maîtresse qui nous accompagne depuis la nuit des temps, et qui a su développer tant de façons de nous séduire…

Lien :https://sensiseeds.c...ais-fumer-plus/
by Michka Seeliger-Chatelain on 27/10/2017

Et vous alors ? vous fumer à quelle fréquence afin de toujours y trouver ce plaisir chez notre chère plante ?

Article original sur cannaweed.com:Fumer moins souvent mais fumer plus



06/11/2017 - 17:33:00
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