Hempyreum.org
Local Time
English (UK) Deutsch (DE) Français (FR) Español (ES) Italian (IT)
Les banques de semences pour préserver les végétaux de la Terre
Auteur: Seshata  17/03/2017 - 15:35:00

Afin de préserver le plus d’espèces possible et de prévenir leur extinction dans leur environnement naturel, les gouvernements, les universités, les entreprises et les ONG de partout dans le monde s’affairent à mettre sur pied de gigantesques banques de semences. Ces réserves de semences offrent à nos générations futures la possibilité de recréer la biodiversité du passé. 

La crise de l’extinction de l’anthropocène 

Selon le Centre pour la biodiversité, « notre planète est présentement en pleine extinction massive d’espèces végétales et animales – la sixième vague au cours du dernier demi-milliard d’années. Nous assistons aux plus importantes vagues d’extinction d’espèces depuis la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d’années. » 

Contrairement aux extinctions passées (typiquement causées par des éruptions volcaniques, des collisions de météorites ou des périodes de glaciation), l’extinction actuelle est la conséquence directe des activités humaines, les pires étant la destruction des habitats, les changements climatiques et l’introduction de génétiques étrangères au sein de populations endémiques.

Aucune espèce n’existe isolée des autres – toutes dépendent des autres pour survivre, se nourrir et former des relations symbiotiques. Par exemple, la majorité des plantes à

fleurs (incluant nombre de nos cultures alimentaires) dépendent des insectes pollinisateurs. On comprend pourquoi la menace mondiale qui pèse sur les populations d’abeilles est extrêmement préoccupante. En raison de ces liens d’interdépendance, l’extinction d’une seule espèce peut déséquilibrer un écosystème entier, et provoquer une chaîne d’extinction.

Les plantes sont fondamentales à tous les écosystèmes de la Terre. Elles enrichissent l’atmosphère avec l’oxygène qu’elles produisent par photosynthèse et jouent un rôle crucial dans l’équilibre du cycle hydrologique. De plus, plusieurs médicaments essentiels proviennent de plantes particulières – chaque fois qu’une espèce disparaît, nous courrons la chance de perdre avec elle un composé bénéfique qui n’a pas encore été découvert !

La perte de la biodiversité nous affecte tous

Ce qui est encore plus étonnant est le fait que ce ne sont pas uniquement les écosystèmes sauvages qui souffrent – nos formes d’agriculture traditionnelles et diversifiées sont remplacées par des monocultures intensives et à grande échelle d’un nombre restreint de variétés. Les fermiers ont, durant des siècles, pris soin de préserver et d’améliorer la génétique de dizaines de milliers de variétés ancestrales uniques, productives et adaptées – toutes aujourd’hui menacées (ou tout simplement détruites) par nos façons cavalières de pratiquer l’agriculture moderne.

On appelle l’érosion génétique la baisse du nombre de variétés (et de la diversité génétique dans son ensemble) de cultures de céréales, de fruits et de légumes. Selon National Geographic, nous avons perdu 93 % de la diversité de nos cultures alimentaires, ou vivrières, depuis 1903. Par exemple, nous ne cultivons plus que 36 variétés commerciales de laitue, alors qu’au tournant du 20e siècle, nous en cultivions 497 !

La perte de la biodiversité végétale – autant celle qui affecte nos écosystèmes sauvages que nos variétés ancestrales issues de minutieux croisements sélectifs – est nuisible à tous les humains et les animaux qui en dépendent. Alors que la diversité génétique s’érode, nous faisons face à de multiples dangers, lesquels ne sont pas toujours apparents ou faciles à résoudre.

La préservation de la diversité génétique offre de multiples avantages. Par exemple, la très grande diversité génétique du genre Cannabis fait en sorte que la plante peut exprimer différents « traits » en fonction des paramètres environnementaux. Dans un environnement humide, les plantes plus résistantes aux moisissures et aux champignons peuvent devenir dominantes ; dans les endroits secs, les plantes les mieux adaptées à la sécheresse survivront. Dans les zones tempérées, le cannabis fleurit en fonction de la photopériode ; sous les tropiques et dans le Grand Nord, des populations non dépendantes à la photopériode sont apparues afin de mieux profiter de la lumière disponible.

La diversité génétique offre aux espèces des moyens de survivre. Lorsqu’une espèce se fait attaquer par une maladie ou un agent pathogène nouveau, plus sa diversité génétique est élevée, plus de chance a-t-elle de posséder des gènes résistants. Un seul agent pathogène peut décimer des cultures entières d’individus au bagage génétique uniforme (par exemple, la banane Gros Michel des années 50).

Les réserves et les banques de semences du monde entier

Face à l’ampleur de la perte de la biodiversité des dernières décennies, nous comprenons l’urgence de préserver le bassin génétique de nos espèces végétales. Pour ce faire, différents établissements, gouvernements et organisations supranationales ont joint leurs forces afin de mettre sur pied plus de mille banques de semences partout dans le monde. Penchons-nous sur les plus importants efforts déployés jusqu’à maintenant.

Tout au nord, dans la capitale des îles arctique Svalbard, à Longyearbyen (Norvège) est enfouie à flanc de montagne la « Chambre forte de la fin du monde » (la Réserve mondiale de semences du Svalbard, de son nom officiel). Cette réserve contient environ 1,5 million de semences et est à l’épreuve des tremblements de terre, des bombardements et des tsunamis.

Au UK, la Millennium Seed Bank est la plus importante en son genre et fait partie du mondialement célèbre Royal Botanical Gardens situé dans la paroisse de Kew, à Londres. Cette réserve renferme 13 % des espèces végétales sauvages du monde entier, et vise à accroître sa capacité à 25 % d’ici 2020 (c’est-à-dire, un impressionnant 75 000 espèces uniques !).

Du côté américain, la diversité génétique végétale est préservée à l’intérieur du National Plant Germplasm System (NPGS), une initiative réunissant des acteurs étatiques, fédéraux et des entreprises privées. Le NPGS vise à conserver les cultivars traditionnels et anciens, les espèces sauvages apparentées et les lignées de cultures élites. Une importante ramification du NPGS se trouve au Colorado, au National Center for Genetic Resources Preservation.

Le site du Colorado rassemble l’une des collections les plus importantes de semences au monde, et la sécurité et les paramètres environnementaux y sont si strictement contrôlés que d’autres réserves de semences l’utilisent pour y conserver leur matériel. Sur les rayons éclatants se trouvent d’infinies rangées de sachets contenant des milliards de semences, toutes répertoriées et classées selon un système sophistiqué de code bar et conservées à des taux d’humidités adéquats et des températures fraîches pour assurer le maximum de viabilité.

Pourquoi est-il important de préserver aussi le cannabis ?

Les nombreuses variétés de cannabis possèdent un potentiel thérapeutique incroyable et diversifié, et sont aussi utilisées à d’autres fins. Ainsi, il est crucial de préserver également ce bassin génétique. Certaines réserves gouvernementales possèdent des stocks de graines de chanvre, ce qui est d’une importance inestimable, mais en ce qui concerne la génétique de variétés à haute concentration en THC, la banque de graines de Sensi Seeds est incontestablement la plus riche.

Les banques de graines de cannabis qui maintiennent efficacement des programmes méthodiques et rigoureux de croisement contribuent grandement aux efforts de conservation des espèces et des variétés. Généralement, cela implique la préservation à long terme d’un grand bassin contenant la génétique des parents originaux. Ce matériel génétique original sert à effectuer le rétrocroisement des générations ultérieures de plantes et ce, afin d’éviter la dérive génétique.

L’une des choses qu’une banque de graines ne devrait jamais faire, sauf si une situation précise et spécifique de gestion s’impose, est d’introduire intentionnellement du matériel génétique non indigène au sein de populations sauvages ou traditionnelles. Il existe partout au monde des populations possédant des traits uniques en vertu de leur isolement géographique. De telles populations ont sûrement été plantées par les humains qui, au fil de leur migration, transportaient toujours avec eux des graines de cannabis.

On peut se demander alors, si ce sont les humains qui ont permis à ces populations uniques « traditionnelles » d’exister, n’avons-nous pas le droit de les détruire selon notre gré ? Quelle différence cela fait-il ?

Pourquoi est-il important de préserver les dernières variétés traditionnelles ?

Malgré le fait que le cannabis soit aujourd’hui l’une des cultures les plus répandues et productrices, son histoire n’a pas été racontée complètement. Le genre Cannabis est composé d’innombrables populations infertiles, mais diversifiées, qui ensemble constituent un vaste bassin de matériel génétique. Lorsqu’une nouvelle plante de cannabis se développe, elle dispose d’un « choix » parmi une multitude de gènes qui peuvent lui être utiles dans un environnement particulier.

Lorsque les humains ont commencé à disperser la génétique cannabique aux quatre coins de la planète, notre population était beaucoup plus petite qu’elle ne l’est aujourd’hui, et ainsi, les risques que nos agglomérations se chevauchent et se confondent, comme c’est le cas aujourd’hui, n’existaient pas à l’époque. L’existence de diverses populations éparpillées a permis l’établissement de populations de cannabis à l’abri des dilutions génétiques avec des individus non endémiques.

Bien que le transfert de gènes entre différentes variétés est un phénomène qui existe depuis des millénaires, la mondialisation du dernier siècle a accéléré et bouleversé de manière dramatique cette mise en commun des bassins génétiques, et ce, à l’échelle de la planète. S’ajoutent à cette tendance la destruction des habitats – les humains détruisent la flore sauvage pour pratiquer l’agriculture, l’élevage et construire des villes et des villages – le réchauffement climatique, la pollution de l’environnement et l’apparition d’agents pathogènes nouveaux ou plus virulents.

Finalement, avec l’expansion de l’industrie du cannabis commercial nous avons assisté à l’apparition de vastes bassins de matériel génétique hybride issu de variétés provenant de partout au monde, croisées et recroisées en toute incohérence, à des fins purement commerciales. Un hybride élaboré à partir de gènes de cultivars traditionnels thaïlandais, afghans et mexicains peut performer en culture intérieure sous des conditions contrôlées, mais qu’en est-il de sa survie dans la nature compte tenu de la disparité des conditions climatiques sous lesquelles ses parents ont évolué ?

Pour cette raison, même si une variété commerciale possède des qualités qui semblent meilleures ou préférables que celles que possède une variété traditionnelle (par exemple, une production de résine plus importante, des récoltes plus abondantes, un meilleur parfum), en aucun cas cela ne signifie-t-il qu’elle soit mieux adaptée aux conditions climatiques locales.

En outre, l’introduction de gènes étrangers peut amener des caractéristiques non voulues ou même nuisibles. L’introduction d’une variété tropicale qui aime l’humidité au sein d’une population de cultivars traditionnels adaptés à la sécheresse peut faire en sorte que les prochaines générations perdent graduellement leur résistance à la sécheresse.

Si un cultivar traditionnel a développé des gènes résistants à une maladie ou un insecte local, l’introduction de gènes étrangers peut certainement nuire à ce cultivar – risque comparable à celui que pose l’existence d’un certain nombre d’enfants non vaccinés sur l’immunité du reste de la population qui redevient alors exposée à la rougeole ou la tuberculose, par exemple.

Que pouvez-VOUS faire pour participer aux efforts de préservation des espèces végétales ?

Chacun de nous peut s’impliquer activement, et facilement, dans les efforts de conservation de la diversité végétale ! Voici quelques suggestions.

Si vous disposez d’un jardin ou d’un espace extérieur, cultivez des fleurs sauvages et laissez les mauvaises herbes pousser (certaines d’entre elles sont belles, et toutes attirent les abeilles et les papillons). Encouragez vos amis et vos voisins à en faire autant ! Exercez des pressions auprès des autorités locales afin qu’elles plantent ou conservent un minimum de fleurs sauvages en bordure des routes, dans les parcs, et partout ailleurs.

Recherchez des cultivars diversifiés lorsque vous achetez vos fruits, légumes et céréales. De tels produits se retrouvent plus facilement dans les marchés de fermiers locaux que dans les supermarchés. Encore mieux, cultivez vos propres aliments !

Considérez adhérer à un organisme dédié à la préservation de la biodiversité végétale, par exemple, le mouvement des semences du patrimoine. Il existe maintenant des milliers de clubs, de groupes ou de coopératives qui s’attaquent à la tâche. La philosophie de la « pensée locale » prend toute sa signification : comme la majorité des bienfaits de la biodiversité sont ressentis à l’échelle locale, il faut d’abord et avant tout déployer des efforts de conservation dans son environnement immédiat.

Finalement, pourquoi ne faites-vous pas du bénévolat au profit d’un organisme dédié à la préservation de la biodiversité végétale ? La Millennium Seed Bank à Kew accueille avec enthousiasme les volontaires qui veulent bien aider au nettoyage et à la préparation des semences en vue de leur conservation, entre autres tâches essentielles ! En plus de vous permettre d’offrir un peu de votre temps, ces occasions vous mettent en contact avec des gens qui partagent vos valeurs et en plus, vous acquérez des connaissances dans le domaine de la préservation des espèces végétales. 

The post Les banques de semences pour préserver les végétaux de la Terre appeared first on Sensi Seeds Blog.

Article original sur sensiseeds.com:Les banques de semences pour préserver les végétaux de la Terre

..


info
Totale pages / langue:   39'198 / 2'448
Dans l'archive :   46'558
Pages des dernières 24 heures:   23
Pages de ce mois:   493
Affichage:   16'021'6393'663'308
Affichage dans l'archive:   15'404'468

©2018 - Hempyreum.org - Agrégateur de nouvelles sur la Chanvre et le Cannabis [Bêta] | Tous les droits et la propriété du contenu appartiennent à leurs respectifs propriétaires

Publicité