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15 questions avec Mila Jansen
Auteur: Olivier  07/09/2018 - 09:00:00

Mila Jansen voyage, écrit, donne vie à ses idées ; elle fait tout. Récemment elle a lancé son autobiographie How I Became the Hash Queen. Elle s’est assise avec nous pour nous accorder un entretien à Amsterdam. Nous avons parlé d’herbe, de la vie, des affaires et des voyages.

Comment Mila est-elle devenue la Reine du hasch ? Ce n’est rien de moins qu’une aventure qu’elle nous raconte, et vous pouvez commander le livre ici. Vous n’êtes pas tout à fait convaincu ? Consultez notre résumé complet de son livre, ou visionnez cet entretien qui a été fait dans les jardins botaniques d’Amsterdam pendant une journée torride d’été.

  1. Quelles sont les trois choses les plus importantes dans ta vie ?

Sans aucun doute mes enfants et probablement le bouddhisme et tout ce que ça m’a apporté, et lié à cela, les randonnées que j’avais l’habitude de faire dans l’Himalaya. J’ai beaucoup aimé ça.

  1. Comment t’es-tu souvenue de tous les détails pendant toutes ces années ?

De 1968 à 1972, j’ai gardé un magnifique petit journal, ne n’était qu’un tout petit livre, mais il m’a beaucoup aidée. Malheureusement, je l’ai perdu depuis, mais l’information de cette époque provient de ce journal. Et mes enfants me corrigent aussitôt que je me trompe. Ils me disent « ce n’est pas à ce moment-là ! » et « tu ne te rappelles pas qu’elle était là ? », alors je me mets à penser… ah oui.

  1. Combien de temps as-tu mis à écrire le livre ?

Onze ans. J’ai commencé il y a très longtemps. J’ai écrit pendant cinq ou six ans, et puis je l’ai mis de côté. Je ne pouvais même pas le regarder pendant trois ans. C’était comme écrasant. Et puis un moment donné, on pense à toutes les choses dans sa vie, à tout ce qu’on n’a jamais réussi à finir, et je me suis dit, ce livre, je peux encore le terminer. Il ne suffit que de s’asseoir et se mettre à l’ouvrage, et c’est ce que j’ai fait.

  1. Comment te décrirais-tu en une phrase ?

Eh bien je crois qu’avant tout je suis une mère et que j’ai travaillé fort pour que tout fonctionne.

  1. Y a-t-il un moment où tu t’es dit « Putai*** j’abandonne ! », des regrets ?

Je crois que mon pire moment de dépression a été quand j’habitais dans l’Himalaya avec mes quatre enfants, c’était très difficile. Ce n’est pas parce que je n’avais pas d’argent, mais la vie me semblait si lourde. J’ai appris que pleurer n’était qu’une forme de complaisance, et que c’était futile de continuer à me complaire dans les choses négatives, parce que ça ne mène nulle part. Il faut se ressaisir, et je crois avoir écrit dans le livre que j’avais besoin d’une agrafeuse pour m’agrafer un sourire dans le visage, parce que ça ne sert à rien de baigner dans sa merde.

  1. Peux-tu nous montrer ton livre ?

Je veux vous montrer le livre que j’ai écrit. Il s’appelle How I Became the Hash Queen. Vous pouvez vous demander comment diable est-elle devenue la reine du hasch, et ça, je peux vous l’expliquer rapidement.

J’ai effectivement inventé la toute première méthode mécanique permettant d’extraire les trichomes, ces cristaux qui recouvrent la plante de marijuana. Ça fait des milliers d’années que les gens fabriquent du hasch, mais la séparation des cristaux s’est toujours faite manuellement.

Un soir, je me tenais devant mon… oh, j’avais l’habitude de le faire à l’aide d’un tamis sur lequel je secouais la matière végétale, quelques cristaux tombaient et ça me prenait plusieurs heures. Un soir que je me tenais devant la sécheuse, j’ai remarqué que le culbutage des vêtements à l’intérieur de la machine ressemblait exactement au mouvement que je donnais à plus petite échelle, à la main.

Le jour suivant j’ai demandé aux gars avec qui je travaillais de m’aider à acheter une vieille sécheuse et d’enlever l’élément chauffant parce que la chaleur n’aide pas à séparer les cristaux. Nous avons recouvert le tambour d’un fin grillage et avons placé de la marijuana à l’intérieur de la machine. Nous l’avons fait fonctionner à basse vitesse et après 5 minutes, tous les cristaux reposaient au fond. C’était la toute première méthode mécanique pour séparer les trichomes. J’ai commencé à en faire un commerce, et nous vendons encore nos Pollinators® comme nous les appelons.

  1. Tu as beaucoup voyagé. Quel est ton endroit préféré et pourquoi ?

Je crois que le meilleur endroit est celui où je me trouve. On peut toujours rêver à l’avenir ou au passé, mais il faut être heureux où qu’on soit, et en profiter.

  1. Y a-t-il un endroit que tu aimerais encore visiter ?

Oh beaucoup d’endroits je crois. Je veux aller dans la jungle, je veux aller en Antarctique, en Alaska peut-être. J’aimerais aller tout au sud de l’Amérique du Sud. Ça doit être merveilleux là-bas. Est-ce que j’irai, je l’ignore.

  1. Y a-t-il quelque chose que tu apportes toujours en voyage ?

A part mon passeport et ma brosse à dents… tout ce dont j’ai besoin pour rouler un joint.

  1. Que fume Mila ? As-tu une variété préférée ?

Je préfère le hasch, je n’aime pas trop fumer les fleurs. C’est parce qu’en 1965 à Amsterdam quand j’ai commencé à fumer, il n’y avait que du hasch, et quand j’ai fait de l’auto-stop jusqu’en Inde, il n’y avait que du hasch. Ce n’est que 23 ans plus tard qu’un peu d’herbe m’est tombée sous la main.

Quand je suis revenue à Amsterdam en 1988, il y avait des coffeeshops à la grandeur de la ville et ils vendaient tous de l’herbe. Je crois que mon expérience la plus intense est lorsque j’ai fumé avec les sadhus dans l’Himalaya. Ce sont des moines qui errent, ils ne possèdent rien et fument le chillum pour se rapprocher de leur dieu Shiva.

Nous les avons accompagnés dans les montagnes où ils allaient nous montrer leurs plus belles plantes. Ils regardaient de haut les grandes plantes qui poussaient dans la vallée. Nous sommes montés et avons trouvé de toutes petites plantes. Nous étions à plus de 3000 mètres d’altitude et les petites plantes étaient couvertes de neige, en vie, elles ressemblaient à des bonsaïs.

Elles étaient toutes tordues et leurs buds étaient tout petits. Nous les avons frottés et les avons immédiatement mis dans le chillum. Je crois que ç’a été mon expérience la plus incroyable, en redescendant la montagne, je me sentais comme si j’avais pris de l’acide. Tous les sons, toutes les couleurs étaient si intenses, nous volions. C’était une expérience de hasch incroyable.

  1. Pourquoi préfères-tu le hasch à l’herbe ?

Pourquoi se compliquer la vie à fumer toute cette matière végétale morte quand on veut seulement l’essentiel. Ce sont les cristaux qui contiennent l’ingrédient actif, pas les feuilles vertes. C’est bien ce que je dis, mais je dois avouer que je mélange un peu de tabac à mon hasch, alors je fume quand même de la matière végétale morte.

Je l’ignore, c’est au fil du temps, j’ai fumé comme ça pendant 23 ans avant de tomber sur de l’herbe, et je n’ai pas trop aimé le goût ou les effets. En revanche, je pense bien que l’herbe et le hasch sont comme la bière et le vin.

Un buveur de vin ne boira pas souvent de la bière, et un buveur de bière, pas souvent du vin. Pourtant, les deux boissons contiennent plus ou moins la même quantité d’alcool et procurent plus ou moins les mêmes effets. C’est la même chose avec l’herbe et le hasch. C’est une question de choix. Je ne vais pas dire qu’un est meilleur que l’autre. Ça dépend de ce qu’on préfère.

  1. Comment es-tu devenue une femme d’affaires ?

Il y avait une certaine urgence, mes enfants aimaient bien manger trois fois par jour. Je crois qu’on devient débrouillard quand on cherche à faire de l’argent, où on se trouve, pour acheter de la nourriture. Dans les montagnes (Himalaya), les femmes qui tricotaient m’ont inspirée.

  1. Quel conseil donnes-tu aux nouveaux entrepreneurs ?

Faites-le. Il faut simplement le faire. Ce n’est pas aussi effrayant qu’on se l’imagine. Bien sûr, il faut se lancer en affaires dans quelque chose qu’on aime. Peut-être que je peux faire de la comptabilité, mais je ne me lancerais pas en affaires dans ce domaine. J’adorais le tricot. Bien des choses que j’ai faites étaient des passions pour moi.

  1. As-tu une habitude secrète ?

Je peux vous dire que j’ai rongé mes ongles une grande partie de ma vie, mais ce n’est pas intéressant. Tous les autres détails sont dans mon livre, et ce que j’ai omis, c’est ce que je ne veux probablement pas qu’on sache à mon sujet.

  1. Quels sont tes plans pour les prochaines années ?

J’avais un grand projet, mais ça ne fonctionnera pas. Je voulais acheter un champ aux Pays-Bas, une de ces surfaces couvertes de gazon, pour y planter des buissons pour les insectes et les abeilles et faire un marécage, et planter des arbres fruitiers et des arbres à noix.

J’avais même trouvé un de ces terrains, mais la municipalité (gemeente) s’obstine à croire que les campagnes néerlandaises doivent rester comme elles sont, que rien ne peut les modifier, ce que je trouve être une attitude primitive puisque même les associations (vereniging) de protection de la nature et des oiseaux et des abeilles disent que les champs de gazon sont de la merde pour la nature.

Ils n’offrent rien aux oiseaux, aux insectes, à rien. J’ai été très déçue, je le suis encore, de constater qu’ils ne me laisseront pas faire mon projet, je voulais seulement créer un paradis pour les oiseaux, les insectes, les petits lapins, les grenouilles, tout ce qui y viendrait. C’est un des rêves que j’aimerais réaliser, mais pour le moment, ça ne fonctionnera pas.

A part de ça, je vais peut-être prendre ma retraite à 75 ans même si je ne sais pas ce que je ferai rendue là. Je crois que je vais probablement continuer à faire ce que je fais jusqu’à la fin.

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L'article 15 questions avec Mila Jansen a été publié pour la première fois sur Sensi Seeds Blog.

Article original sur sensiseeds.com: 15 questions avec Mila Jansen

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