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Indica vs sativa –différences dans les effets ?
Auteur: Scarlet Palmer  31/08/2018 - 11:33:00

Tenter d’expliquer les différences d’effets entre les variétés de cannabis indicas et celles sativas est peut-être ce qui est le plus révélateur, et pourtant, le plus difficile, particulièrement aux gens qui n’ont jamais consommé de substances psychoactives. De plus, de nouvelles preuves suggèrent que la cause de ces différences n’est pas ce qu’on a toujours pensé !

Nous publions souvent sur notre blogue des articles au sujet des différences physiques, historiques et géographiques entre les deux principaux types de notre plante préférée ; cet article se concentre sur les différences d’effets entre les indicas et les sativas (pour simplifier les choses, disons que par indicas nous entendons les variétés de cannabis à dominance indica, et sativas, celles à dominance sativa).

« être stoned » avec une indica vs « être high » avec une sativa

Les consommateurs de cannabis expérimentés disent souvent que les indicas les rendent « stoned » alors que les sativas les rendent « high » pour décrire dans quel état d’esprit ils se trouvent. Des exemples du premier cas de figure pourraient être « je ne veux vraiment pas me lever du sofa, je suis si stoned que j’ai l’impression d’être assis dans un gros nuage chaud », alors que dans le deuxième, on pourrait dire « je suis si high, j’aurais envie de faire des biscuits ou de regarder une comédie, je suis si high, sérieusement, arrête de rire, je suis, si high ».

Si vous avez déjà fait l’expérience de tels effets, vous comprenez bien, mais pour ceux qui n’ont jamais fumé, c’est un peu plus difficile à cerner. Les écrivains, de Charles Baudelaire à Jack Kerouac, ont caressé de l’esprit et avec leurs mots les états d’esprit altérés déclenchés par le cannabis en essayant d’entrainer les lecteurs dans les mondes qu’ils ont explorés sous les effets de la drogue.

Charles Baudelaire

Il est difficile d’expliquer et de comprendre les différences entre les effets des indicas et ceux des sativas

 

L’interprétation des mots des psychonautes et la transmission fidèle de la vérité subjective de l’expérience ressentie dépendent en grande partie du lecteur. Si le lecteur n’a jamais ressenti rien de comparable aux effets psychoactifs d’une indica, d’une sativa ou des deux, peut-il vraiment comprendre ce que veut dire l’écrivain ?

 

Heureusement, cet article n’a pas besoin de concurrencer avec Kerouac, Baudelaire et compagnie, mais simplement d’expliquer aux non-initiés et à ceux qui n’ont pas d’expérience les différents résultats possibles de la consommation de sativa et d’indica. Il est important de comprendre qu’une n’est pas objectivement « meilleure » que l’autre ; une des choses les plus merveilleuses du cannabis est qu’il semble avoir un usage pour toute occasion !

 

Effets typiques d’une indica

 

Les variétés de cannabis indicas sont associées avec des effets de relaxation corporelle, comme si le stress s’écoulait des muscles. Si vous vous sentez tendu ou abattu par la pression, consommer une indica peut dissiper l’inconfort et le remplacer par un sentiment de bien-être soporifique. Imaginez-vous le sentiment de reposer dans un bain chaud, ou encore, celui qui vient après un bon massage.

Les variétés de cannabis indicas sont associées avec des effets de relaxation corporelle

Les pensées ralentissent, le temps semble s’allonger et, comme le veut le stéréotype, il est possible que vous deveniez si détendu que vous oubliiez ce que vous étiez en train de faire, ou où vous alliez ! Une différence souvent relevée est que les indicas produisent un sentiment de sommeil ou de passivité, alors que les sativas induisent une envie de faire quelque chose.

 

Stéréotypes du « Stoner »

 

Il est intéressant de noter qu’en vertu de la prohibition, la majorité du cannabis cultivé et vendu est de type indica puisqu’il implique moins de risque (il se cultive plus rapidement et donne de plus grosses récoltes). L’image médiatique négative du « stoner paresseux et apathique » peut en partie être attribuable au fait que les gens contraints à acheter du cannabis sur le marché illégal n’ont pas bien d’autres choix en vertu de cette prévalence des variétés indicas. Avec les importants changements dans les lois auxquels nous assistons (particulièrement aux Etats-Unis) et toutes les nouvelles sativas offertes, dans quelques années, le nouveau stéréotype sera celui du consommateur de cannabis « hilare et hyperactif ». Ce qui nous amène au prochain sujet.

 

Effets typiques d’une sativa

 

Les variétés de cannabis sativas sont associées à un sentiment énergisant qui affecte le cerveau et l’esprit. On peut se sentir envahi de créativité au point de réaliser soudainement, le regard perdu dans le vide, que des idées défilent dans notre esprit et naissent de nouveaux concepts qui auparavant ne semblaient avoir aucun lien entre eux et qui maintenant nous inspirent. De nombreux rapports anecdotiques, et certaines preuves scientifiques, veulent que le cannabis augmente la reconnaissance des formes. Aucune étude ne démontre si les sativas sont plus aptes à déclencher ce type d’effet, mais il est très probable que ce soit le cas.

Les variétés de cannabis sativas sont associées à un sentiment énergisant qui affecte le cerveau et l’esprit

Les sativas rendent aussi les choses plus drôles, bien plus drôles qu’à l’habitude. Elles ont le pouvoir de vous rendre complètement inaptes à faire autre chose que rire ; tout à coup, on est très sensible à l’absurde. On peut aussi être pris d’un désir énergétique de faire quelque chose. Quoi ? Ça dépend d’une personne à l’autre. Les sportifs peuvent avoir envie de faire de la course ou de s’entraîner. Les artistes auront envie de créer, les musiciens, de jouer de la musique, les jardiniers de jardiner, etc. L’inspiration qui vient d’une sativa se concrétisera avec ce que vous avez sous la main.

 

Les effets des indicas vs ceux des sativas : un retournement de situation

 

Cannabis sativa L. a été classée pour la première fois en 1753 EC ; Cannabis indica Lam. en 1785 EC. La classification n’a pas été faite en fonction de leurs effets, mais plutôt selon des caractéristiques botaniques. Les auteurs cannabiques contemporains comme Robert Connell Clarke ont basé leurs premiers travaux sur cette classification. Ils ont ensuite ajouté plus d’information sur le type d’effets (high/stoned) dérivés de la consommation de sativas ou d’indicas.

 

Les recherches sur les effets du cannabis ont mené à la découverte, puis à la synthèse du CBD en 1963 et du THC en 1964. Pendant des décennies on a pensé que les variétés sativas contenaient plus de THC et que les indicas contenaient plus de CBD. La prohibition a fait en sorte que cette information ne soit partagée que de bouche à oreille, mais elle a tout de même été diffusée.

 

La présente information sur les différences d’effets entre les sativas et les indicas est connue depuis au moins les années 70, époque où on a commencé à déployer des programmes de croisement élaborés et avoir accès à du matériel génétique des quatre coins de la planète. Ben Dronkers et ses contemporains ont joué un rôle crucial dans l’élaboration et le raffinement de variétés de cannabis – indicas, sativas et hybrides –aujourd’hui formant la base de l’industrie moderne des graines de cannabis élaborées à partir des variétés traditionnelles sauvages.

 

D’innombrables hybrides apparaissent chaque année, et la recherche sur la chimie et la taxonomie du cannabis peine à garder le rythme. Bien que les humains connaissent depuis des milliers d’années les effets psychoactifs du cannabis, ce n’est qu’à la fin des années 1980 que nous savons découvert pourquoi – et la réponse réside dans le système endocannabinoïde.

 

La science objective du cannabis n’en est qu’à ses débuts. Comparativement à l’expérience subjective de millions de consommateurs de cannabis, on pourrait même dire qu’elle est encore en gestation. Où voulons-nous en venir ? En réalité, il n’y a presque aucune différence dans les niveaux de CBD et de THC entre les sativas et les indicas.

 

Une fois encore, tout ce que nous savons est faux

 

Avec la publication de l’ouvrage Cannabis: Evolution and Ethnobotany en 2013, les définitions vernaculaires d’indica et de sativa ont été remises en cause (bien qu’elles s’appuient sur les travaux de Linnaeus et de Lamarck) autant pour des raisons d’exactitude que d’utilité.

 

Les termes « chanvre à grandes feuilles /drogue » et « chanvre à feuilles étroites/drogue » ont été proposés comme alternatives afin de mieux décrire quatre types principaux de cannabis et non deux. Dans les faits, ces termes n’ont pas été adoptés. (Sensi Seeds continue d’employer les termes vernaculaires et leur définition parce qu’ils sont plus faciles à trouver et sont mieux compris par notre public.)

 

Dans les deux dernières années, la recherche fondée sur la science et non sur des preuves anecdotiques a contredit tout ce que nous savions au sujet des différences entre l’apparence et l’évolution des indicas et des sativas, mais aussi, entre leurs effets respectifs.

 

Exercice futile

 

Dr Ethan Russo est neurologue et chercheur en psychopharmacologie en plus d’être le directeur médical de PHYTECS, une entreprise de biotechnologie effectuant des recherches sur le système endocannabinoïde. Dans cet entretien convaincant (2016), il s’exprime sans retenue au sujet de la compréhension populaire actuelle des différences entre les effets des indicas et des sativas :

 

« … la distinction sativa/indica communément trouvée dans les ouvrages de vulgarisation n’a aucun sens et n’est qu’un exercice futile… il faut quantifier les composantes biochimiques d’une variété données de cannabis et les corréler avec les effets observés dans de vrais patients. »

 

Dr Russo poursuit en disant que ce sont les monoterpènes qui dictent les effets des différents types de cannabis. Les effets sédatifs associés aux variétés indicas et à leur supposée haute teneur en CBD et faible teneur en THC découlent du myrcène. Le sentiment euphorisant associé au présumé haut taux de THC et faible taux de CBD des sativas est déclenché par le limonène (aussi trouvé dans l’écorce des agrumes).

 

Dr Ryan Vandrey, un pharmacologue du comportement chez Johns Hopkins spécialiste du cannabis et des cannabinoïdes, n’est pas d’accord avec le point de vue de Dr Russo, mentionnant le peu d’études sur le sujet. Cet article explore les différents points de vue scientifiques et l’état de la recherche (2016), alors que celui-ci datant de 2018 apporte plus de détails sur les terpènes.

 

Profil complet de l’empreinte biochimique

 

L’étude publiée en 2016 Cannabis: From Cultivar to Chemovar II—A Metabolomics Approach to Cannabis Classification est sûrement la plus approfondie à ce jour. Elle postule que la nomenclature devrait s’appuyer sur le profil des chimiovariétés – une sorte d’empreinte complète pour chaque variété décrivant son profil cannabinoïdes, ses monoterpènes et ses sesquiterpènes.

 

La conclusion de l’étude garde certains espoirs pour la rétention de distinctions simples et familières entre les indicas et les sativas : « … les obtentions de désignations vernaculaires indica et sativa pourraient très bien être séparées en deux groupes, ce qui veut dire qu’il existe de réelles différences dans la composition chimique entre ces deux types de cannabis ».

 

Au lieu de s’appuyer sur le ratio THC:CBD, cette classification est faite en fonction d’autres cannabinoïdes et des terpènes. Les cannabinoïdes moins connus cannabichromène (CBC) et cannabigérol (CBG) ont été trouvés « en concentrations légères mais significatives » dans les variétés désignées comme étant sativas. Pour « l’identification des types indicas vernaculaire [sic] », les différentes compositions en terpènes et la présence de terpènes hydroxylés étaient de « bons marqueurs chimiques ».

 

Nous commençons à peine à comprendre la science complexe du cannabis

 

Voilà qui décrit bien les preuves scientifiques tout autant que les rapports anecdotiques. L’expérience nous montre incontestablement que différents types de cannabis produisent différents effets ; le seul problème est qu’alors que nous savions pourquoi, en réalité, nous commençons à peine à comprendre le sujet.

 

C’est comparable à l’évolution de la science planétaire. Les humains ont toujours vu le soleil bouger dans le ciel, et les théories pour expliquer son mouvement ont graduellement évolué. On a cru que  la Terre était plate et que le soleil était fixé dans un dôme défilant au-dessus d’elle, pour ensuite soutenir que la Terre était ronde et que le soleil tourne autour d’elle pour enfin se rendre compte que c’était la Terre qui tournait autour du soleil dans notre petite galaxie, une parmi un nombre potentiel de deux billions de galaxies.

 

Et dépit de l’état des connaissances, le soleil a continué de traverser le ciel ; en dépit de ce que nous savons sur le cannabis, les différents types continueront d’avoir différents effets sur nous.

 

Merci d’avoir lu ce qui, à l’origine, devait être un article court et simple ! Que pensez-vous des différents effets dérivés des types de cannabis ? Avez-vous déjà ressenti un high de sativa en fumant des buds supposément indicas, ou vice-versa ? Exprimez-vous dans la section des commentaires ci-dessous !

L'article Indica vs sativa –différences dans les effets ? a été publié pour la première fois sur Sensi Seeds Blog.

Article original sur sensiseeds.com: Indica vs sativa –différences dans les effets ?

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