Hempyreum.org
Local Time
English (UK) Deutsch (DE) Français (FR) Español (ES) Italian (IT)
Yvelines. Mantes-la-Ville : les habitants du Village dénoncent un climat d'insécurité grandissant
Auteur: Renaud Vilafranca - 78actu  16/08/2018 - 08:31:00

Martine a été violemment agressée dans le hall du bâtiment 65, parce qu’elle se plaignait des odeurs de cannabis qui montaient dans son appartement. (©Renaud Vilafranca)

La résidenceLe Village, située en plein centre-ville de Mantes-la-Ville (Yvelines), ne serait plus si paisible qu’il y a quelques années. Les habitants dénoncent une multiplication des incivilités et des actes de délinquance. Ce qui crée chez eux un sentiment d’insécurité. Un phénomène accentué par les beaux jours, où les rassemblements en bas des bâtiments sont plus fréquents.

Peu à peu, le trafic de drogue s’est installé. Les dégradations, les squats des parties communes et les attroupements bruyants deviennent monnaie courante. Cette dégradation des conditions de vie ressentie par les riverains a connu son apogée le 24 juillet dernier, avec l’agression d’une sexagénaire habitant au numéro 65, un petit immeuble à la façade décrépite.

Ce jour-là, vers 16 h 30, Martine* sent monter des effluves de cannabis jusqu’à son appartement du deuxième étage. Elle descend alors dans le hall pour faire cesser le trouble. Elle tombe sur trois jeunes hommes, assis dans les escaliers en train de fumer.

Une retraitée rouée de coups au sol

« Sur un ton mal aimable, Je leur ai dit que ça sentait très mauvais », explique la retraitée. Et la réponse des trois squatteurs n’a pas été des plus cordiales non plus. Selon cette habitante, l’un d’eux s’est brutalement levé, l’a saisie par le poignet et l’a fait tomber. Elle a ensuite été rouée de coups « de poing et de pied » par les individus. Elle doit son salut par l’intervention d’un voisin.

« Ça n’a duré que quelques secondes, confie la victime. Mais quand on est au sol, ça paraît très long. »

Martine, femme à la silhouette frêle, s’est relevé la tête en sang, des hématomes un peu partout sur le corps. Le médecin qui l’a examinée lui a délivré trois jours d’ITT. Elle a déposé plainte. L’un de ses agresseurs, jugé au tribunal correctionnel de Versailles vendredi, a écopé de dix mois de prison, dont quatre avec sursis et mise à l’épreuve. Il est reparti libre après l’audience.

Depuis, la présence policière s’est intensifiée dans le quartier, selon Martine. Reste que le conseil syndical, qui se fait le porte-voix des habitants mécontents, estime qu’il subsiste un réel problème d’insécurité au Village, qui paraissait pourtant bien paisible lors de notre passage vendredi en fin de matinée. « Un noyau d’une quinzaine d’individus, dont certains n’habitent pas ici, sème le trouble, explique Jeannine Chabanne, sa présidente. Ils s’installent sous le porche, avec des canapés, des chaises, comme s’ils étaient dans leur salon. Ils sont bruyants et laissent des détritus derrière eux. »

En l’absence de gardien, ce sont des habitants qui se chargent de ramasser les immondices dans cette résidence où se mélangent habitat social et privé. « Ils mettent la musique à fond, nuit et jour, on est obligés de fermer les fenêtres en plein été », déplore Martine. Elle rapporte que le 2 août dernier, une cinquantaine d’individus étaient rassemblés en bas de ses fenêtres à faire voler un drone. Une ferveur qui n’est pas appréciée par tous dans le quartier.

« Et le soir, il y en a qui sont montés sur le toit, poursuit-elle. Les quelques fauteurs de troubles du début ont fait des émules. Plus ça va, plus ils sont nombreux. »

Ces trublions se livreraient régulièrement à des dégradations sur les portes d’accès des halls et dans les sous-sols, dénoncent en chœur les deux femmes. « Certains propriétaires de garage préfèrent garer leur voiture dans la rue », affirme la présidente du conseil syndical.

Mettre l’accent sur la prévention, la solution ?

Sans compter que le trafic de drogue génère des allées et venues sources d’inquiétudes : « On voit des inconnus à longueur de temps dans le quartier, résume Jeannine Chabanne. Ils nous font peur, on ne connaît pas leurs intentions. »

Le conseil syndical alerte les autorités, municipalité et forces de l’ordre, de la situation depuis maintenant trois ans. « Ça a commencé à se dégrader en 2015, et depuis 2017, c’est vraiment le b… À mon arrivée dans le quartier en 2006, c’était le calme plat », précise la présidente, qui estime que plus que de la répression, c’est un véritable travail de prévention qu’il faut réaliser. « Avant l’arrivée du FN au pouvoir, il y avait de la médiation dans les quartiers et un conseil local de la sécurité et de la prévention de la délinquance (CLSPD : une assemblée locale réunissant différents acteurs sécuritaires et sociaux ndlr). Maintenant, les jeunes ne savent pas quoi faire, ils traînent, constate-t-elle. Et ce sont les grands qui les utilisent comme guetteurs pour leur trafic de drogue. »

De son côté, le commissariat de Mantes-la-Jolie confirme les nuisances. « Ce sont des jeunes de 15-25 ans qui veulent s’approprier le quartier, ce n’est pas nouveau, confie un policier. On effectue régulièrement des contrôles, mais la configuration des lieux ne nous facilite pas la tâche. Les fauteurs de troubles voient les effectifs arriver au loin. »

* Prénom modifié

Le maire tempère
Le maire FN, Cyril Nauth, ne partage pas le point de vue des habitants sur la hausse de la délinquance au Village. « C’est un quartier qui connaît des difficultés depuis de nombreuses années. Je suis informé des incidents qui s’y produisent mais je n’ai pas le sentiment qu’on fait face à une flambée de la délinquance », affirme l’élu.
Concernant la politique de prévention, le maire assume l’arrêt des dispositifs de médiation sociale. « Il y avait bien un projet de l’ancienne municipalité mais il ne portait pas ses fruits, réagit-il. Je ne crois pas en ces méthodes. Il faut faire sortir les jeunes en difficultés de leur quartier et non pas y mettre des médiateurs. Je refuse de dépenser l’argent public par pure démagogie. »
Il explique par ailleurs que le CLSPD, mis en suspens en 2016 après le transfert de la compétence à la communauté d’agglomération, a repris cette année : « Nous allons mener des diagnostics de terrain, rencontrer les habitants. Dans le cadre du déploiement de la vidéosurveillance, une caméra doit être installée à l’entrée du Village. La police municipale patrouille maintenant une fois par semaine le soir, et on continue de travailler en collaboration avec la police nationale. »
Mais pour Cyril Nauth, il reste un problème structurel dans le quartier : sa configuration en « labyrinthe », qui ne facilite pas l’action des forces de l’ordre. « Ça, on ne peut rien y faire, c’est aux bailleurs et aux copropriétaires d’investir. »

Article original sur normandie-actu.fr: Yvelines. Mantes-la-Ville : les habitants du Village dénoncent un climat d’insécurité grandissant

..


info
Totale pages / langue:   38'390 / 2'331
Dans l'archive :   46'558
Pages des dernières 24 heures:   26
Pages de ce mois:   578
Affichage:   14'793'7213'186'110
Affichage dans l'archive:   14'773'410

©2018 - Hempyreum.org - Agrégateur de nouvelles sur la Chanvre et le Cannabis [Bêta] | Tous les droits et la propriété du contenu appartiennent à leurs respectifs propriétaires

Publicité