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Pas si légal : pourquoi la police ferme les boutiques de CBD, un dérivé du cannabis
Auteur: Simon Louvet - 76actu  07/08/2018 - 17:01:00

La boutique de cannabidiol de Rouen (Seine-Maritime) a été fermée, mardi 7 août 2018, par la brigade des stupéfiants. Apparues en France à l’été 2018, ces boutiques sont toutes fermées par les autorités, qui sévissent. (©Simon Louvet / 76actu)

Du « cannabis légal » : tel a été présenté la cannabidiol, ou CBD, dérivé du cannabis. Depuis juin 2018, les officines commercialisant ce produit ont fleuri partout en France : à Besançon (Doubs), Toulouse (Haute-Garonne), Cherbourg (Manche) ou Rouen (Seine-Maritime). Cette dernière, comme deux autres boutiques à Évreux (Eure) début août, a été fermée par la police, mardi 7 août 2018. De même, plusieurs perquisitions ont été menées en Moselle, dans trois villes différentes.

Les vendeurs de CBD pensaient profiter d’une « zone grise » en fournissant un produit avec une teneur en THC, le psychotrope du cannabis, avec un taux inférieur à 0,2 %. Après examen des textes de loi, les autorités ont décidé de sévir. Une à une, les boutiques sont perquisitionnées, fermées et leurs gérants placés en garde à vue au motif de « détention, acquisition, offre et cession de stupéfiants », détaillent plusieurs sources judiciaires.

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Boutique et produits scellés, le gérant en garde à vue

C’est pour ces raisons que le gérant du Green Power Shop, à Rouen a été interpellé mardi 7 août. Son commerce et son domicile ont été perquisitionnés, « sur instruction du procureur de la République », indique une source judiciaire. Comme la boutique, la totalité des produits mis en vente ont été placés sous scellés. Sur les étiquettes, « des emballages non marqués » avec pour seule inscription : « THC inférieur à 0,2. »

C’est à cause de cette affirmation, faite dans un article de presse, que la boutique a été ciblée par les policiers de la sûreté départementale. Cette opération de police intervient dans un contexte plus répressif, depuis que deux notes ont été publiées par les ministères de l’Intérieur en juin, et de la Justice fin juillet, concernant toute la France. « Il y a une grosse sensibilisation de la part des parquets à ce sujet », confirme une source policière.

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« Le produit fini ne peut jamais contenir de THC »

En Normandie, la charge a été sonnée par Éric Neveu, procureur de la République adjoint d’Évreux, vendredi 3 août. Il a réagi à l’argument avancé par les vendeurs de cannabidiol, qui assuraient pouvoir vendre des produits avec moins de 0,2 % de tétrahydrocannabinol : 

Ce seuil est à l’origine d’une confusion exploitée à tort par les propriétaires de magasins de cannabis prétendument légal. Si la culture du chanvre dans des strictes conditions est possible, le produit fini ne peut jamais contenir de THC, même en dessous de 0,2 %.

La loi autorise à un industriel l’achat et la détention de chanvre contenant moins de 0,2 %, pour ensuite transformer le produit. La matière première peut donc contenir 0,2 % de THC, mais en aucun cas être vendue. À partir de deux textes de loi – extraits du Code de la santé publique et d’un arrêté de 1990, le magistrat dresse un constat clair : « Toute commercialisation de produits contenant du THC est prohibée. » Après avoir reconnu « un temps de doute » sur la légalité ou non de ces produits, une source judiciaire insiste : « C’est absolument interdit ! »

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« On nous bride, on nous ferme »

Désormais claire, la position des autorités crispe les vendeurs de ces boutiques. Au Havre, Cyrille Bjaoui a « hâte de les voir » pour « qu’on lui explique deux ou trois trucs ». Pour le gérant du Weed Corner, « c’est impossible d’avoir 0,00 % de THC dans une plante cannabique ». Le CBD n’est pas un stupéfiant. « Le THC a des effets hallucinogènes alors que le CBD a des effets relaxants », a expliqué l’addictologue Jean-Pierre Couteron à Libération.

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Cyrille Bjaoui s’insurge contre « les poissons pourris qui pourrissent les autres poissons du panier ». Selon lui, le sursaut des autorités vient de « deux abrutis qui pénalisent tout le monde » :

Bestown à Besançon et Coffee Shop à Paris ont fait n’importe quoi. Ils se sont mis à vendre des produits avec plus de 0,2 %, à distribuer ça, comme si on était à Amsterdam…

Lui assure respecter l’interdiction de distiller des conseils médicaux et de faire l’apologie du cannabis. Refusant d’être étiqueté « pro-cannabique », il souhaite « une distribution encadrée », estimant que « l’État passe à côté d’une manne financière incroyable ».

Pour l’instant, l’État mise sur l’application stricte de la loi. S’il ne « craint pas du tout » une très probable descente de police, Cyrille Bjaoui regrette « qu’on nous bride, qu’on nous ferme ».

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Article original sur normandie-actu.fr: Pas si légal : pourquoi la police ferme les boutiques de CBD, un dérivé du cannabis

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