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À Toulouse, plusieurs boutiques proposent (déjà) du cannabis light, ce que dit la loi
Auteur: Guillaume Laurens - Actu Toulouse  06/08/2018 - 05:18:00

Au moins cinq boutiques, comme ici le magasin Streetshop 31, rue Sainte-Ursule à Toulouse, proposent déjà du CBD, ou cannabis light, à Toulouse (©Facebook / @Streetshop31)

E-liquides pour cigarettes électroniques, produits cosmétiques, gélules… On peut désormais acheter – légalement -, en France, du cannabis light, ou plutôt un composé de cannabis, le CBD. En cet été 2018, ce juteux commerce pullule à Toulouse. Plusieurs boutiques qui vendent du CBD ont désormais pignon sur rue dans la Ville rose. Actu Toulouse vous avait parlé récemment de Green’owl, rue Peyrolières, à deux pas du Capitole. Lucas Alaterre, l’un des associés du projet, expliquait récemment à Actu Toulouse :

On voulait faire comprendre que des problèmes peuvent être traités de manière naturelle, et on voulait mettre un terme à l’amalgame entre la marijuana et le CBD. 

LIRE AUSSI : Toulouse : Green’owl, la nouvelle boutique de cannabis light (et légal) a ouvert

Déjà cinq boutiques en ville

Green’owl n’est pas un cas isolé. Outre cette enseigne, au moins quatre autres boutiques de cannabis light ont déjà ouvert à Toulouse : Street Shop, rue Sainte-Ursule, également en plein centre-ville ; Smoke Dog, rue Réclusane, quartier Saint-Cyprien ; sans oublier CBD31, rue de la Fonderie, quartier des Carmes… Dernière en date : CBD Toulouse a ouvert début juillet rue Denfert Rochereau, quartier Matabiau.

Et si la législation s’est un peu assouplie en la matière depuis quelques mois, tout n’est pas autorisé… Les autorités surveillent d’ailleurs de près ces différentes boutiques. La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait même annoncé fin juin 2018 des perquisitions partout en France. À Paris, deux « coffee-shops » avaient ainsi été perquisitionnés à Paris, donnant lieu à trois gardes à vue, indiquait Le Parisien.  Alors, qu’est-ce qui est autorisé ? Et qu’est-ce qui ne l’est pas ? On fait le point.

Le THC, c’est interdit

À Toulouse, plusieurs boutiques proposent donc depuis quelques mois de l’herbe sans tétrahydrocannabinol (THC), la substance psychoactive qui déclenche les effets du produit sur le cerveau. Pour être légal, le taux de THC dans le produit doit en effet être réduit à la quantité minimale : moins de 0,2 %. dans la plante. Mais là-dessus, attention : alors que de « de nombreux produits présentés comme contenant du CBD des boutiques ouvrent un peu partout en France », la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et conduites addictives (Midelca), a ainsi mis les choses au clair lundi 11 juin 2018. Rappelant que « la réglementation française prévoit que toutes les opérations concernant le cannabis sont interdites, notamment sa production, sa détention et son emploi », elle a résumé : 

La présence de THC dans les produits finis, quel que soit son taux, est interdite.

Le taux de 0,2 % de THC n’est pas un seuil de présence de THC dans le produit fini, mais dans la plante elle-même. Il doit être de 0 % dans le produit fini. Le THC reste considéré comme un produit stupéfiant.

Le CBD, c’est autorisé

Ce « cannabis allégé » conserve donc le Cannabidiol, ou CBD, qui fait partie des composés actifs majeurs du cannabis, autrement appelé chanvre. Si « tout produit contenant du cannabidiol extrait de la plante de cannabis est interdit », il existe nombre de dérogations. La Midelca précise qu’il s’agit de « permettre l’utilisation du chanvre à des fins industrielles et commerciales, notamment dans l’industrie textile, automobile, dans les marchés du bâtiment, de la papeterie, de l’oisellerie et de la pêche, des cosmétiques, de l’alimentation humaine, en jardinerie ». Et la Midelca détaille :

Les produits, et notamment les e-liquides à base de CBD sont donc interdits s’ils contiennent du THC quel que soit le taux et s’ils ne sont pas obtenus à partir de variétés et de partie de plantes autorisées.

Si type de traitement n’est pas encore répandu en France, les évolutions de la législation permettent donc bel et bien la vente d’un produit débarrassé de ses substances psychotropes. Et le CBD n’est pas considéré comme tel. L’article R5132-86 du Code de la santé publique stipule :

La culture, l’importation, l’exportation et l’utilisation industrielle et commerciale de variétés de cannabis dépourvues de propriétés stupéfiantes ou de produits contenant de telles variétés peuvent être autorisées, sur proposition du directeur général de l’agence, par arrêté des ministres chargés de l’agriculture, des douanes, de l’industrie et de la santé.

Trois conditions à retenir

En somme, certaines variétés de cannabis ou de chanvre, dépourvues de propriétés stupéfiantes, peuvent être utilisées à des fins industrielles et commerciales sous trois conditions :

  • les variétés de chanvre autorisées figurent sur une liste (à découvrir ici)
  • seules les graines et les fibres peuvent être utilisées. L’utilisation des fleurs est quant à elle interdite ;
  • la plante doit avoir une teneur inférieure à 0,2% en THC et la présence de THC dans les produits finis, quel que soit son taux, est interdite.

Des vertus thérapeutiques ?

De nombreux spécialistes assurent que cette molécule permettrait de limiter l’apparition de nouvelles cellules cancéreuses. Les boutiques qui le vendent revendiquent parfois ces vertus pour les personnes souffrant d’un cancer… Comme le relevaient il y a quelques semaines nos confrères de Lorraine Actu, aux États-Unis, où cette médecine alternative est très prisée, du cannabis médicinal est prescrit sous forme d’herbe ou d’huile. Outre-Atlantique, c’est même devenu une alternative à la chimiothérapie. Mais chez nous, on n’en est pas là… Le gouvernement ne veut visiblement pas qu’on fasse du cannabis ni même du CBD une nouvelle médecine légale :

Aucune vertu thérapeutique ne peut être revendiquée notamment par les fabricants, vendeurs de produits contenant du CBD. Toutes les publicités portant allégations de vertus thérapeutiques sont interdites (à l’exception des médicaments bénéficiant d’une AMM).

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et conduites addictives insiste :

Il est rappelé qu’en France, les seuls produits contenant des tétrahydrocannabinols et du CBD pouvant revendiquer des allégations thérapeutiques sont les médicaments autorisés par l’ANSM ou la Commission européenne sur la base d’un dossier évalué selon des critères scientifiques de qualité, sécurité et efficacité. Le non-respect de cette réglementation est passible de sanctions pénales.

Un substitut pour les gros consommateurs ?

Enfin, des experts assurent que pour les personnes accros à l’herbe, ou même à la cigarette, le cannabis sans psychotropes pourrait agir comme un substitut et ainsi participer à une réduction de la consommation… Là-aussi, la Midelca met en garde. Car si le CBD est actuellement utilisé comme méthode de sevrage, il reste à prouver de manière scientifique que les effets du CBD peuvent influer sur l’arrêt de la consommation de tabac…

Article original sur normandie-actu.fr: À Toulouse, plusieurs boutiques proposent (déjà) du cannabis light, ce que dit la loi

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